Allez Jacky arrête de mentir et de nous enfumer et paie ta cotisation au Dal !

Droit Au Logement Vienne (86)

Droit Au Logement Vienne (86)

Mardi 4 février dernier France 3 Poitou-Charentes faisait un reportage sur l’hébergement d’urgence à Poitiers qui concluait à l’insuffisance des places, diffusé le 6 février au journal de midi suivi des explications de Jacky Prieur le président de la Croix Rouge, l’opérateur choisi par la préfecture pour gérer le 115 et le CHUS, mais aussi des logements HUDA (hébergement d’urgence des demandeurs d’asile) et CADA (Centre d’accueil de demandeurs d’asile).

C’est avec une grande satisfaction que le Dal86 constate qu’il a forcé les pouvoirs publics, préfecture en tête à envoyer une de ses association bonne à tout faire, la Croix Rouge, pour reconnaître publiquement que l’accueil d’urgence est insuffisant c’est-à-dire que la loi n’est toujours pas respectée à Poitiers.

D’abord, c’est une grande victoire que d’avoir forcé la préfecture à avoir envoyé le président de la Croix Rouge, son homme de mai, à venir sur le plateau de France 3 pour donner des « explications ». Mais, Jacky prieur, qui vraisemblablement n’a pas demandé à être là et souhaiterait partir le plus vite possible, cherche à en dire le minimum, ment, dénie, élude, enfume, détourne… Un bel exemple à montrer aux étudiants de SciencesPo pour leur apprendre comment manipuler les électeurs !

Toutefois là, sous les projecteurs du plateau télé de France 3, pour qui connaît un peu la situation, ça se voit comme le nez au milieu de la figure. La politique des pouvoirs publics : omerta, secret, obscurité et si cela ne suffit pas désinformation, ne peut résister à l’accumulation de preuves depuis au moins 6 ans. Et même si ça ne se voyait pas, c’est. La préfecture et la Croix Rouge sont débusquées. Dorénavant, nous pourrons nous appuyer dessus.

En effet dès le reportage, la journaliste Sandrine Leclere explique « depuis l’expulsion de plusieurs squats l’an dernier le nombre de demandes d’hébergement a explosé en un an à Poitiers. 134 personnes bénéficient de l’aide de la Croix Rouge, un chiffre qui a triplé par rapport à 2012 ». Et, lors de l’interview, à la question de la journaliste : « très franchement quand l’équipe est revenue de tournage on a tous été très étonné de l’ampleur de ce phénomène. Est-ce qu’il y a une raison ? Est-ce que c’est explicable ? » Jacky Prieur répond sans vergogne : « Tout à fait, comme ça a été dit dans le reportage, depuis un an on a une augmentation importante alors pour différents facteurs. Déjà par rapport aux personnes qui viennent déposer une demande d’asile, Poitiers étant ville régionale, c’est le lieu incontournable, là une demande significative. D’autre part, nous avons été missionnés pour l’accueil des femmes victimes de violences conjugales, donc on a une mission complémentaire qui fait qu’il y a aussi les demandes qui s’intègrent dans le dispositif. Et puis récemment sur Poitiers ces familles d’origine Rom qui étaient dans des lieux qui nécessitaient un accompagnement et une orientation. »

Nous sommes donc en présence d’un gros mensonge du président de la Croix Rouge. C’est de la désinformation de parler de « l’explosion des demandes d’hébergement ». Désinformation qui fait le lit du F-Haine. Non, il est clairement question de la situation catastrophique de l’accueil d’urgence sur Poitiers, qui ne date pas de l’« expulsion des squats », rappelons-le, les 23 octobre et 23 novembre 2013, c’est à dire depuis seulement trois ou quatre mois, ni même de « un an » mais de bien avant, puisque par exemple le 3 décembre 2009 La Charente Libre expliquait : « Depuis que les demandes d’asile sont centralisées à Poitiers pour toute la région, les dispositifs d’aide et d’hébergement sont saturés ».

Nous apprenons d’ailleurs dans cet article que la régionalisation liée à l’installation de la borne Eurodac à la préfecture de région à Poitiers a eu lieu en… mai 2008. Aussi, ce que déclare Jacky Prieur, que « depuis un an on a une augmentation importante […] par rapport aux personnes qui viennent déposer une demande d’asile, Poitiers étant ville régionale, c’est le lieu incontournable » est un énorme mensonge qui sert à occulter la complicité assez ancienne, depuis au moins 6 ans, de la Croix Rouge avec la préfecture dans la politique répressive discriminatoire envers les migrants. Il est clair aujourd’hui qu’il s’agit de pourrir la vie des migrants et des autres indésirables pour les dissuader de rester à Poitiers et de dissuader les autres de venir. VOIR PAR EXEMPLE

D’ailleurs, il est scandaleux comme le fait Jacky Prieur de dire que les personnes qui sont au 115 sont celles « qui viennent déposer une demande d’asile ». C’est un amalgame. Car, lorsqu’un demandeur d’asile arrive à Poitiers, il prend rendez-vous en préfecture avec la préfecture et l’OFII. Ce premier rendez-vous est donné au moins un mois après mais ça peut aller jusqu’à un mois et demi. Quelquefois il est nécessaire qu’il y ait un second rendez-vous qui repousse souvent encore d’un mois. Et pendant tout ce temps, les demandeurs d’asile sont pris en charge, ou pas, par le 115. Car le scandale ce n’est pas, comme voudrait nous le faire croire la Croix Rouge, la supposée augmentation du nombre de demande au 115, ce n’est pas non plus la réelle augmentation du nombre d’hébergés par la Croix Rouge dans le cadre de l’accueil d’urgence, non le véritable scandale ce sont d’abord les conditions d’accueil mêmes dans le CHUS et dans les hôtels. Si les femmes et les enfants sont à peu près toujours accueillis aujourd’hui, ce qui n’était pas le cas l’année dernière, les hommes « tournent » c’est-à-dire ne sont hébergés qu’une nuit sur deux ou trois voire qu’une nuit par semaine, hiver comme été. Et lorsque vous avez la chance d’être hébergé au CHUS, vous subissez un régime abrutissant… Malgré la loi qui prévoit un « accueil digne », les locaux du CHUS sont vétustes, on vous impose une vie en dortoirs séparée, les hommes d’un coté , les femmes et les enfants d’un autre. Malgré la loi qui prévoit un accueil continu, les personnes et les familles doivent sortir à 10h30 le matin et ne pas y revenir avant 16h15 et pas après 21h. Et le règlement est draconien, il n’est pas rare d’être puni à  rester à la rue ou à faire des réparations. Malgré la loi qui, outre le gîte et l’hygiène, prévoit le couvert, il n’y a pas de repas servis le soir ni a fortiori le midi et les résidents ont interdiction de se faire à manger même pour leur petits enfants et de laver leur linge. Malgré la loi qui prévoit une première orientation « vers tout professionnel ou toute structure susceptibles de lui apporter l’aide justifiée par son état », un accompagnement personnalisé et une seconde orientation « vers une structure d’hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation » les personnes et les familles sont livrés à elles-mêmes et il est certain que des familles subissent ces mauvais traitements durant deux longues années, voire trois ans.

Cette durée délirante d’attente de deux mois et demi pour obtenir un titre de séjour c’est ce qui est arrivé à Elvis qui témoigne dans le reportage de France 3. Sa compagne comme toutes les femmes et les enfants est accueillie au 115 dans les conditions indignes que l »on sait et lui, comme les autres hommes « tourne », hébergé 2 ou 3 nuits par semaine. Les nuits durant lesquelles il n’est pas hébergé, il les passe au chaud dans le bus de nuit (Noctembus) jusqu’à 4h du matin. Comme on ne peut pas y dormir juste y sommeiller, lorsqu’il est trop fatigué, il reste à la gare ou dans un escalier d’immeuble. Puis vers 5h il va frapper à la porte du CHUS rue de Montbernage. Ils ne leur ouvrent que lorsque les hommes à la rue sont trop nombreux et qu’ils font trop de bruit. Il rentre alors au chaud avec les autres boire un café et il quitte le CHUS avant 10h avec sa femme.

L’autre vrai scandale pour Elvis et sa compagne, c’est qu’ils sont demandeurs d’asile depuis le 20 janvier dernier. Et à ce titre l’Etat français est obligé par la Directive 2003/9/CE du Conseil du 27 janvier 2003 relative à des normes minimales pour l’accueil des demandeurs d’asile dans les États membre, à fournir aux demandeurs d’asile des « conditions d’accueil comprenant le logement, la nourriture et l’habillement, fournis en nature ou sous forme d’allocation financière ou de bons, ainsi qu’une allocation journalière ». Donc une place en CADA ou en HUDA. Or Jacky prieur se garde bien de nous le dire mais la Vienne à perdu au mois de janvier 10 places d’HUDA. De 50 places nous sommes passés à 40 alors que les besoins sont au moins constants voire en progression.

Conclusion, jacky Prieur dit n’importe quoi. Les demandeurs d’asile ne devraient pas se trouver au 115 mais en CADA voire en HUDA. Ceux qui se retrouvent à la rue et quelquefois au 115, ce sont les demandeurs d’asile déboutés qui se retrouvent en situation irrégulière. Mais Jacky Prieur ne pouvait pas faire cette distinction. Car il aurait fallu reconnaître, alors que l’accueil d’urgence est inconditionnel, que la Croix Rouge effectue un tri et fait donc des discriminations. On se souvient le scandale du 115 de Metz saturé qui opérait un tri et privilégiait les Français et les demandeurs d’asile ( Préférence nationale au 115 : le président du Samu social “choqué”. Rue89 18-01-13 ). Jacky Prieur n’allait pas nous avouer que c’est ce que la Croix Rouge pratique sur Poitiers puisque l’Etat ne peut être condamné s’il laisse une personne en situation irrégulière à la rue. L’Ordonnance du 4 juillet 2013 du Conseil d’Etat http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriAdmin.do?oldAction=rechJuriAdmin&idTexte=CETATEXT000027684071&fastReqId=1203305940&fastPos=6 r stituple « ayant une OQTF contre laquelle les voies de recours sont épuisées » mais dans les faits, pour les hommes seuls, il suffit d’être sans papiers. Il y a fort à parier que les hommes qui « tournent » au115 font partie de cette catégorie… L’autre catégorie de personnes qui bénéficient de l’accueil d’urgence sont les femmes et certains hommes en situation irrégulière sans OQTF et d’autres qui ont un titre de séjour de moins de trois mois ou dont le titre de séjour ne leur permet pas d’ouvrir des droits.

D’autre part, la municipalité, le maire de Poitiers en tête, n’a jamais été en reste concernant cet acharnement sur les migrants. En octobre 2010, les associations d’aide et de soutien aux migrants tiraient la sonnette d’alarme concernant l’hébergement d’urgence et demandaient une entrevue au maire. La réponse du maire, qui avait depuis longtemps choisi le camps de la complicité avec la préfecture, fût un courrier rendu public dans lequel il interpellait la préfecture concernant les « passeurs et marchands de sommeil »

Ce fût, comme il se doit relayé par la presse écrite, une véritable campagne de désinformation : Première vague de froid : coup de chaud sur le 115 NR 04/12/2010, un article qui dédouane la Croix Rouge de toute responsabilité dans les mauvais traitements infligés aux personnes à la rue, Alain Claeys déclare la guerre aux passeurs Centre Presse 08-12-10 et ” Il y a un nombre important de logements insalubres ”NR 08/12/2010. Resf86 répliqua en distribuant un tract aux vœux du maire, le 14 janvier 2011 ( Poitiers laisse les demandeurs d’asile à la rue ! Resf86 14-01-2011 ) où il est écrit que la Croix Rouge est sous la coupe de la Préfecture et fût invité avec les autres associations à des réunions très décevantes le 22 février 2011 avec Michel Berthier, adjoint au maire à la Cohésion Sociale ( Compte-rendu de la rencontre avec Michel Berthier 22 février 2011 ) et avec le maire lui-même, le 4 mars 2011 ( Petit compte-rendu synthétique de la rencontre avec la municipalité par RESF86 ). Le scandale du 115 devait être étouffé, ce qui fût fait avec la complicité préfecture (UMP) – Municipalité (PS) – Croix Rouge – presse écrite.

Dès sa création voilà deux ans, le dal86 avait tiré la sonnette d’alarme concernant l’accueil d’urgence. En effet, seulement une semaine avant sa réunion d’information un SDF mourrait dans le parking souterrain de Gaulle ( De quoi le sans-abri du parking est-il mort ? NR 30/01/2012 ) et la première grande action du Dal86 a consisté à mettre en place un campement de sans logis et mal logés devant l’église Notre dame. Nous n’avons pas compris alors et nous ne comprenons toujours pas pourquoi c’est la municipalité (PS) qui s’est engagée sur ce terrain de l’accueil d’urgence et non pas la préfecture (UMP) qui elle en a la responsabilité. Cette présence de la municipalité sur le terrain qui n’était pas le sien de l’accueil et de l’hébergement d’urgence a été effectif jusqu’au la mise en place du squat de l’Etape, début avril 2013. Il a été alors assez facile pour le Dal86 de la décramponner de la question de l’accueil d’urgence. Les locaux de ce squat appartenant à la municipalité, et ne voulant pas y trouver une solution à l’accueil d’urgence déficient, elle a dégagé sa responsabilité et renvoyé sur la préfecture. Le juge d’instance a toutefois rappelé dans son ordonnance la responsabilité de la municipalité dans la résorption de la précarité. Et rappelons qu’il y a un an Laurence Brunet, la directrice du centre communal d’action sociale de Poitiers, dont le président est le maire lui-même, a réagi dans la Nouvelle République du 15 janvier 2013  à l’article sur l’accueil d’une famille arménienne avec deux jeunes enfants, le dimanche soir précédent (Centre presse et Nouvelle République 14 janvier 2013) : « Toute personne débarquant à Poitiers peut être hébergée ; il suffit de faire le 115. Il y a des places. En priorité d’ailleurs pour les femmes et les enfants. Y compris, s’il le faut, avec des solutions d’appoint comme les nuitées d’hôtel ». Quoi qu’il en soit la création du Dal86 à permis de révéler au grand jour le scandale du 115 et à exacerber les dénégation de la municipalité (Voir Déclarations de la municipalité de Poitiers concernant le logement ) . Nous savon maintenant qui avait raison

Quant aux Roms, autre raison invoquée par Jacky Prieur pour expliquer l’augmentation du nombre de demandes au 115, ils ne fréquentent pas beaucoup l’accueil d’urgence. Pour la plupart de ceux qui vivaient en squat, ils sont présents sur Poitiers depuis l’été 2012 et ils vivaient il y a un an en caravane sur les terrains vagues autour de Poitiers (25 personnes durant 8 mois dans une caravane de 5 mètres…) ou déjà en squat (25 autres personnes). Ils ne rentraient donc pas, l’année dernière, dans les 40 nuitées de la Croix Rouge mais pouvaient être considérés comme sans logis ou mal logés. Et aujourd’hui, après les coups de boutoir de la préfecture qui a dissuadé de nombreuses familles de rester à l’hôtel, il n’y a plus qu’une seule famille, les parents et 3 enfants qui bénéficient de ce type d’hébergement. A moins que la Croix Rouge considère que les familles qui ont eu des titres de séjour relèvent de ses « nuitées ». Toutefois, il est évident que ce ne sont pas les roms qui ont fait tripler le nombre de nuitées en un an.

Si ce ne sont ni les demandeurs d’asile, ni les roms, ni même les femmes battues, qui ont fait exploser les nuitées d’hébergement passant de 40 par jour l’année dernière à 140 cette année, qu’est-ce qui l’a fait ? En nous basant sur ce que nous avons écrit nous faisons l’hypothèse que le nombre de personnes à la rue à Poitiers a peut-être augmenté mais n’a pas été multiplié par 3. Il y en avait autant l’année dernière et dans les années précédentes. Ce qui a changé c’est la prise en change. Alors que les personnes y compris des femmes et des enfants dormaient dans la rue l’année dernière (et les années précédentes), elles sont hébergées cette année. Jacky Prieur se donne le beau rôle en disant : « nous avons été entendus dans l’année et demie qui vient de s’écouler sur la nécessité de répondre aux besoins croissants qui se posaient et donc de pouvoir trouver des solutions d’hébergement et aussi d’accompagnement social » mais qu’à fait effectivement la Croix Rouge (et les autres opérateurs sociaux) pour arriver à ce résultat ? Elle n’a fait qu’appliquer les consignes de la préfecture. Les exemples ne manquent pas. Nous en avions donné un certains dans la réponse que nous avions faite au Directeur national de la Croix Rouge française au sujet de la maltraitance de la famille M. (4 personnes), famille qui se retrouve aujourd’hui avec les familles K. (5 personnes), G.(maintenant 4 personnes dont un enfant de quelques semaines), D. (maintenant 5 personnes dont un enfant de quelques semaines) comptabilisées dans les nuitées du 115 mais qui étaient il y a un an plus ou moins à la rue, qui appelaient le 115 et n’en obtenaient pas de places….

Non, ce sont les actions du Dal86 qui ont abouti, non pas l’augmentation des demandes, mais à l’augmentation des personnes hébergées. Et Jacky prieur devrait remercier le Dal86 qui lui a fait avoir des subventions complémentaires. Les squats, les actions coup de poing, les accompagnements, les témoignages, les communiqués… ont rendu visible le scandale du 115 : hébergement d’urgence déficient par manque chronique de places et par l’indignité des locaux et de l’accueil afin  de pourrir la vie des migrants et des autres indésirables pour les dissuader de rester à Poitiers et de dissuader les autres de venir. Les pouvoirs publics ne pouvant plus l’occulter, la multiplication par 3 en un an du nombre d’hébergés, c’est se voit, ont envoyé la Croix Rouge pour nous enfumer et tenter de revendiquer ce résultat et de recueillir les lauriers. Jacky prieur devrait plutôt prendre sa cotisation au Dal86 !

DAL86dal86@free.fr – 06 52 93 54 44 / 05 49 88 94 56
Permanences : tous les samedis matin de 11h à 12h Maison de la Solidarité 22 rue du Pigeon Blanc Poitiers

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