Logiparc : la honte !

Droit Au Logement Vienne (86)

Droit Au Logement Vienne (86)

Logiparc, le bailleur dit « social » a envoyé les huissiers jeudi 16 mai aux habitants du squat des Glières afin de les traîner au tribunal d’instance pour un référé d’heure à heure en vue de leur expulsion immédiate, si besoin avec le concours de la force publique. Le jugement, qui, vue la supposée urgence invoquée par Logiparc, devait d’abord avoir lieu mardi 21 mai à 11h – soit, vu le week end de trois jours, une seule petite journée ouvrable pour trouver un avocat et préparer la défense ; Bien essayé Logiparc !…- a été reporté vendredi 24 mai à 9h.

Mercredi 22 mai, la famille du squat des Glières accompagnée de ses soutiens en particulier des habitants du squat l’Etape, soit plus d’une cinquantaine de personnes, se sont rendues à Logiparc dans l’espoir de rencontrer son président Jean-François Macaire. Ce dernier est bien passé devant à vélo vers 16h15 mais n’a pas daigné venir les rencontrer.

 

Nous avons donc été reçus par l’un de ses directeur adjoint, M. Tekpo, celui qui a en charge le dossier du squat. La position et les motivations de Logiparc continuent de nous échapper. Concernant ce que nous avons appelé les « mensonges » de la directrice qui a déclaré dans la Nouvelle république du 13 mai que les habitants du squat avaient « un délai d’un mois pour quitter définitivement les lieux [donc jusqu’au 2 juin] ». Rajoutant que « Cela nous laisse suffisamment de temps pour leur trouver des places dans un centre d’hébergement.  […] Nous nous sommes également déplacés avec une assistante sociale dans le but de les reloger rapidement. » et après nouveaux renseignements pris auprès de la famille, il est apparu que M. Tekpo est bien venu au squat avec une femme. Mais les versions divergent immédiatement. M. Tekpo dit que c’est le 27 avril, la famille nous affirmant que M. Tekpo est venu deux fois le 2 mai dernier, une fois avec « une dame qui a fait appeler le 115 par un membre de la famille qui n’a pu obtenir qu’une réponse négative… » et une autre fois accompagné d’un huissier qui a pris une seule identité, celle de la mère, et d’une dizaine de policiers qui ont pris, on se demande bien pourquoi…, les identités des autres adultes. Donc, n’est-ce pas un mensonge de Logiparc, car le 27 avril est un SAMEDI et M. Tekpo a déposé plainte le 2 mai, déclarant « ce matin j’ai été avisé qu’une habitation appartenant à Logiparc était occupée… » ?

D’autant plus que nous nous refusons à croire que cette personne venue avec M. Tekpo pour l’aider à faire partir cette famille, c’est-à-dire à l’expulser illégalement, puis qui se contente de faire téléphoner au 115, qui n’a ni donné sa carte, ni son téléphone, ni un nouveau rendez-vous, ni ne s’est de nouveau déplacée, soit une VRAIE Assistante Sociale. Donc, de deux choses l’une. Soit M. Tekpo a fait passer quelqu’un pour une Assistante sociale pour pouvoir tranquillement expulser illégalement la famille, soit c’était une vraie assistante sociale et celle-ci n’a pas fait son travail. Nous attendons sur ce point des éclaircissements de Logiparc, du Conseil général et/ou du CCAS et de la préfecture.

Concernant le second mensonge de Logiparc, le délai pour quitter les lieux avant le 2 juin, M. Tekpo a été plus en peine pour trouver une réponse crédible car il manque quand même presque trois semaines à l’appel. N’est-ce pas pour cela que M. Tekpo a voulu nous faire croire qu’il était venu avec l’ « assistante sociale » le… 27 avril ? Ça lui permettait d’essayer de faire passer la pillule en gagnant une semaine ! Mais quand même, le compte n’y est pas, du 2 au 16 mai, il n’y a que 15 jours et non pas un mois comme affirmé par Logiparc dans la presse et, d’ici le 2 juin, il manque toujours presque 3 semaines ! Pourquoi donc la directrice de Logiparc a-t-elle menti de la sorte et pourquoi tant de précipitation ?

Pour M. Tekpo c’est parce que les locaux du squat des Glières sont insalubres et dangereux au point qu’il y a une autorisation pour les démolir. Or, ce n’est pas du tout la raison invoquée par l’avocat de Logiparc devant le tribunal d’instance vendredi 24 mai. Logiparc s’est contenté d’évoquer son seul droit de propriété. Le texte de l’assignation est très laconique : après le constat de l’occupation et de la présence de « nombreux enfants » est conclu « les lieux occupés sont insalubres puisqu’ils ont fait l’objet d’un arrêté préfectoral en date du 16 juin 2012 et que, d’autre part, ils font également l’objet d’une demande de démolir. Le requérant a donc le plus grand intérêt à obtenir l’expulsion judiciaire des personnes occupant l’immeuble sans droit ni titre. C’est pourquoi Logiparc requiert qu’il vous plaise Monsieur le Président, de l’autoriser à assigner d’heure à heure en raison de l’urgence ». Mais la plaidoirie de l’avocat de Logiparc n’a pas laissé de doute. Il a plaidé exclusivement la défense de du droit de propriété de Logiparc. Il y a des lois et il faut les faire appliquer. On ne peut laisser des personnes pénétrer et occuper une propriété privée sans les expulser. Et ce certainement parce que la responsabilité concernant le danger des lieux ne peut être QUE du ressort des adultes présents sur place et non pas du propriétaire. Car, les arrêtés d’insalubrité ont été mis en place pour protéger les locataires des exactions de leur propriétaire et non pas pour que le propriétaire des lieux les utilise pour expulser ses locataires ou des occupants sans droit ni titre. Utiliser ces arrêtés d’insalubrité dans ce sens serait s’immiscer dans la vie privée et familiale des personnes et violer l’article 8 de la Convention Européenne qui dispose que « toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale et qu’il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale…, et soit proportionnelle au but légitime poursuivi… ». Or, s’il y a une loi qui permet d’expulser en cas de péril imminent, il n’y en a pas lorsque c’est simplement dangereux.

Or, outre que la dangerosité est loin d’être prouvée puisque l’arrêté date du 16 juin 2012 et que ce dernier stipulait que les réparations pouvaient être effectuées, et que la demande de démolir a été obtenue le 2 mai dernier – soit le MEME jour que le dépôt de plainte de Logiparc et la venue de M. Tekpo avec la supposée assistante sociale, les huissiers et la dizaine de policiers – cela n’explique absolument pas l’urgence de la procédure. Car pourquoi expulser cette famille si c’est uniquement pour que Logiparc reprenne un bien qu’il dit insalubre et qu’il souhaite démolir ? D’ailleurs, nous ne savons pas trop pour quel projet Logiparc, qui finalise son achat le 15 avril 2013, soit une semaine APRES l’entrée de la famille dans les lieux, veut le démolir le 2 mai, soit dix-sept jours après l’avoir acquis. Par contre nous voyons bien pourquoi. C’est pour pouvoir faire expulser plus facilement cette famille le plus rapidement possible.

Mais pourquoi alors expulser cette famille le plus rapidement possible ? Ce serait absurde si, là encore M. Tepko ne nous avait pas donné la réponse. Lors de notre entrevue à Logiparc, lorsque nous avons évoqué l’intervention du secrétaire général de la préfecture au journal du 13 mai 19h de France 3 Poitou-Charentes au sujet des squats de l’Etape des Glières, M. Tekpo, nous a soutenu qu’il n’en avait pas eu connaissance. Ben voyons ! Le même jour, il y a un article sur le squat des Glières, qui est dans un immeuble appartenant à Logiparc, dans la Presse quotidienne régionale, faisant même la première page de Centre presse, et France 3 en fait l’un de ses grands titres pour son journal régional de 19h, avec à la clef le secrétaire général de la préfecture – préfet de la Vienne sur le plateau et M. Tepko ne le savait pas… A d’autres… Pour nous, c’est bien parce que le secrétaire générale de la préfecture à dit ce qu’il a dit que Logiparc n’a pas tenu sa parole et a assigné les habitants du squat trois semaines avant.

Nous sommes là encore et toujours en présence de ce double langage des autorités, Logiparc inclut. D’un côté elle disent publiquement respecter les lois, la dignité des personnes et leurs droits et d’un autre elles cherchent à taper fort, très fort sans laisser une chance de se défendre, y compris en ne respectant pas les lois et en bafouant les droits des personnes. Une main de fer dans un gant de velours ! Voilà leur vrai méthode. Et pas de pitié, ni pour les roms, ni pour les pauvres. Il ne faut surtout pas que des personnes étant à la rue alors que l’hébergement d’urgence est pratiquement inexistant et s’opère dans des conditions indignes, cherchent à se protéger en entrant dans des maison inoccupées. Il faut les en dissuader en les traînant au tribunal et en les expulsant pour quelles comprenne qu’elles n’ont aucune place ici et qu’il n’y a aucune solution pour elles. Et ça fera en plus un exemple pour les autres ! Si Logiparc a menti et n’a pas pas attendu le 6 juin pour lancer la procédure d’expulsion c’est pour obéir aux injonctions de la préfecture qui malgré les déclarations apaisantes de son secrétaire général, veut passer en force en utilisant la coercition afin d’appliquer sa politique inhumaine de la terre brûlée et de la patate chaude.

Quand les autorités, Logiparc inclut, vont-elle comprendre que leurs solutions ne font que déplacer le problème sans le résoudre ? Quand vont-elles enfin venir sur place pour constater et pour évaluer la situation les habitants et mettre en place en concertation avec eux des solutions acceptables ?

Surtout que les habitants des squats ont une idée bien précise de ce qu’ils souhaitent.

Leur première demande est que les procédures d’expulsion des deux squats soient immédiatement annulées afin que soient mises en œuvre, EN CONCERTATION, les solutions adéquates.

Leur deuxième demande est une prise en charge la plus rapide possible pour toutes les familles et personnes seules vivant dans ces squats, c’est-à-dire, un logement décent et les moyens de vivre dignement.

Leur troisième demande est la régularisation de tous ces sans-papiers pour lesquels le logement peut être aussi un problème  (sans logis et mal logés, loyers scandaleux, exiguïté, surpopulation, etc…) mais parmi bien d’autres. Et dont on sait que c’est par leur régularisation administrative que passe la solution.

Il est toutefois hors de question qu’ils aillent, comme proposé unilatéralement et sans concertation, par la directrice de Logiparc, dans « un centre d’hébergement » ni a fortiori qu’ils subissent l’indécence de l’hébergement du CHUS « 115 ». Toutes ces personnes sont responsables et autonomes et doivent être relogées et non pas subir des traitements indignes dans des centres d’hébergement.

Mais les suites ne sont pas, c’est le moins que l’on puisse dire, dans la continuité des propos du secrétaire général de la préfecture sur France 3 qui déclarait « il y a autre chose à imaginer ». Huissiers, policiers, assignations et procès pour expulsions immédiates, seules manières pour le moment qu’ont trouvé les autorités pour traiter DIGNEMENT ces personnes, les suites sont pour le moment d’une banalité effroyable qu’on a nulle peine à imaginer !

Le résultat pour le squat des Glières sera donné le 7 juin.

Le procès pour le squat de l’Etape aura lieu vendredi 31 mai à partir de 9h.

Venez nombreux les soutenir.

Venez nombreux les rencontrer dans leurs lieux de vie.

 

Revue de presse :

Poitiers: un bâtiment du centre-ville occupé par une famille roumaine soutenue par le DAL France3 07-04-13
La vente des locaux de l’ex-foyer de l’Etape : une vraie provocation à l’égard des sans logis et mal logés Dal86 07-04-13
Squat l’Etape : halte aux intimidations ! Dal86 16-04-13
–  Squat du foyer L’Étape : le bras de fer engagé NR 17/04/2013
ROMS : à Poitiers comme ailleurs une situation indigne et inacceptable ! DNSI 18-04-13
POITIERS Squat rom à L’Étape : les écologistes interpellent le maire et le préfet NR 18-04-13
Squat rom : un foyer à réactions NR 19/04/2013
Non à l’expulsion des familles de Roms ! NPA 19-04-13
Déclaration de la Ville de Poitiers concernant l’occupation du 6 rue d’Oléron 19-04-13
Squat de l’Etape : communiqué du 21-04-13 Dal86
Squat l’Etape : tous au tribunal d’instance vendredi 3 mai 2013 à 9h Dal86 24-04-13
Lettre du Collectif des familles et des personnes seules du squat l’Etape au maire de Poitiers 30-04-13
Appel au soutien du Collectif des familles du squat l’Etape Dal86 01-05-13
Réponse du maire de Poitiers au Collectif des familles de l’Etape 03-05-13
POITIERS Squat du foyer L’Étape : la mairie réclame 10.000 € aux occupants NR 03/05/2013
POITIERS Squat de L’Étape : renvoi au 17 mai 04/05/2013
Deuxième lettre du Collectif des familles et des personnes seules du squat l’Etape au maire de Poitiers 06-05-13
Le maire de Poitiers élude la demande d’audience du Collectif des familles du squat l’Etape Dal86 09-05-13
Squat l’Étape : Tous au tribunal d’instance le 17 mai à 9h pour soutenir les assignés Dal86 12-05-13
Un nouveau squat pour un énième débat 13/05/2013
Propos du secrétaire général de la préfecture France3 13-05-13
POITIERS Squat du Plateau des Glières : la ville de Poitiers était déjà intervenue NR 14/05/2013
Pour défendre la cause des Roms NR 20/05/2013
Solidarité avec les familles du squat Des Glières Dal86 20-05-13
Cause commune Jeudi 23 Mai à 20h30 au Dietrich Dal86 23-05-13

Les habitants du squat l’Etape ont besoin :

– de nourriture ;
– de matelas et de sommiers, de couvertures, de meubles, de tables de chaises ;
– de vêtements et de chaussures (adultes et enfants de 1 ans à 15 ans)
– d’ustensiles de cuisine, d’assiettes de verres de couverts ;
– de gazinières, plaques de cuisson et réchauds, de machines à laver le linge, de réfrigérateurs ;
– de produits et ustensiles de toilette, d’entretien ;
– d’outils, de matériel, de produits de fabrication et réparation,
– de téléphones portables désimlockés ou « tout opérateurs »
– de fournitures scolaires et matériel informatique ;
– de jouets et de jeux pour les enfants et les adultes :
– …

→ les ustensiles, machines et outils peuvent bien sûr être seulement prêtés.

Un toit pour tous avec ou sans papier

Vous pouvez aussi aussi faire un don. Chèques à l’ordre du DAL86 a envoyer à DAL86, Maison de la Solidarité, 22 rue du pigeon blanc 86000 POITIERS en précisant au dos « Squat l’Étape ».

Pour tous renseignements : dal86@free.fr ou au 05 49 88 94 56 (laisser un message nous vous rappellerons)

DAL86dal86@free.fr – 06 52 93 54 44 / 05 49 88 94 56

Permanences : tous les samedis matin de 11h à 12h et tous les mardis soirs de 17h à 18h Maison de la Solidarité 22 rue du Pigeon Blanc Poitiers

 

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