L’immeuble du 11 rue Jean-Jaurès : une bien triste opération spéculative ? Arnaud Clairand 02-05-12

Occupation des bâtiments du 11 rue Jean- Jaurès 21-04-12_02

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L’immeuble du 11 rue Jean-Jaurès : une bien triste opération spéculative ?

Entre le 21 et le 27 avril, le DAL 86 a occupé un immeuble sis au 11 rue Jean-Jaurès à Poitiers. L’incendie qui s’y est déclaré dans la nuit du 26 au 27 avril ne saurait être cautionné par quiconque d’autant plus qu’il aurait pu coûter la vie à ses occupants. Cette affaire pose toutefois la question de la vacance des logements à Poitiers.

Ce magnifique immeuble comportant deux appartements de 320 et 85 m2 + dépendances et jardin, a été acquis le 30 septembre 1998. Il mériterait une inscription au titre des monuments historiques en raison de son architecture et de ses décors intérieurs remarquables notamment constitués par un bel escalier à vis du XVIe siècle et un second escalier d’apparat du XIXesiècle présentant une étonnante rambarde en fer forgé.

Depuis 1998 cet immeuble a été laissé à l’abandon si bien que de nombreuses fuites ont sérieusement contribué à crever les plafonds et dégrader les plâtres, stucs, moulures et boiseries. D’autres immeubles de ce type avec parfois plus de 600 m2 de surface habitables sont ainsi vacants depuis plusieurs années dans le centre de Poitiers.

Une réforme de la loi est nécessaire.

L’actuelle propriétaire du 11 rue Jean-Jaurès tient une agence immobilière tout en exerçant l’activité de marchand de biens. À n’en pas douter cet immeuble a été acheté et immobilisé dans un but purement spéculatif contribuant à créer une pénurie de logements dans Poitiers et à faire augmenter les prix du m2. En 1998, il fut acquis pour une somme nettement inférieure au prix de 865000 euros actuellement proposé à la vente alors que l’immeuble s’est considérablement dégradé. Après 14 ans d’immobilisation l’actuelle propriétaire versera un impôt réduit sur la plus-value et les retombées fiscales pour la ville ou le département seront considérablement réduites. Une réforme de la loi est nécessaire. À l’examen de ce dossier, il apparaît évident que le dégrèvement progressif de la plus-value devrait être conditionné à l’occupation des lieux par le propriétaire ou des locataires.

Il s’agit d’une belle opération financière, mais d’une bien triste histoire révélant les sombres dessous du marché spéculatif poitevin.

Arnaud Clairand, porte-parole du groupe local EELV de Poitiers Sud-Vienne

et candidat sur la 1re circonscription de la Vienne.

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