Poitiers : suite aux expulsions des squats

Droit Au Logement Vienne (86)

Droit Au Logement Vienne (86)

Suite à l’expulsion du squat de l’Etape, M. Séguy, secrétaire général de la préfecture, à déclaré au journal de France 3 Poitou-Charentes du 23 novembre dernier : « La volonté affichée par l’ensemble des pouvoirs publics c’est qu’effectivement il n’y ait plus de squats dans le département de la Vienne. » VOIR  Si cela veut dire qu’il n’y aura plus personne à la rue, le Dal86 applaudit des deux mains et signe.

Mais malheureusement cela ne semble pas être le cas car le secrétaire général continue en disant : « Ce type d’habitat présente beaucoup de risques pour ceux qui les occupent. Des problèmes d’insalubrité, des problèmes d’insécurité. Et puis par ailleurs, il n’est pas évidemment normal d’occuper de manière illégale des lieux qu’ils soient d’ailleurs publics ou privés. » Allez monsieur Séguy assez d’hypocrisie, dites-nous pourquoi les squats existent. N’est-ce pas essentiellement parce qu’il y des gens à la rue, un 115 saturé et votre impuissance ou votre incurie face à leur prise en charge ?

Où en est-on aujourd’hui ? Suite aux différentes résistances et luttes des principaux intéressés soutenus par le Dal86 concernant l’hébergement d’urgence, la préfecture a cédé sur plusieurs points. Il ne semble plus y avoir, depuis début septembre, de familles avec enfants, demandeurs d’asile attendant leur rendez-vous OFII / préfecture, à la rue. Elles sont à l’hôtel. Et, plus de quatre vingt personnes dont la moitié d’enfants ont été prises en charge par la préfecture soit à l’hôtel soit en appartement.

La situation des migrants sur Poitiers a donc changé radicalement depuis l’année dernière. Rappelons par exemple qu’une famille élargie de 25 personnes dont 11 enfants ont vécu, durant 8 mois, dont les mois d’hiver, l’année dernière, dans une caravane de 5 mètres, qu’une famille de 7 personnes dont une femme enceinte et 2 enfants de 7 mois et de 13 ans et qu’une autre famille de 3 personnes dont une petite fille de 4 ans ont vécu plusieurs mois d’hiver dans une voiture.

Ces victoires sur des pouvoirs publics cyniques et revanchards ou incompétents c’est selon ! ne doivent pas faire oublier que le compte n’y est pas. La préfecture ne rate aucune occasion d’échapper à ses devoirs et de faire payer le plus cher possible ses défaites et les concessions qu’elle a faites.

D’abord, tous les expulsés des squats n’ont pas obtenu de solutions d’hébergement ou de logement puisque cinq d’entre eux ont été placés en centre de rétention. Trois ont d’ores et déjà été inutilement expulsés, puisqu’ils sont déjà de retour, aux frais du contribuable : 21 000 € par expulsion quand même, soit 63 000 €  !

Ensuite, aucun de ceux qui ont eu un hébergement ou un logement n’a eu la possibilité de pouvoir se nourrir décemment. Pire ceux qui sont dans des hôtels ne peuvent pas y faire la cuisine. Et comme ils sont séparés, la solidarité qu’ils avaient mis en place ne s’exerce plus ou mal. Nous constatons qu’une fois de plus il n’y a aucun suivi. La manœuvre était spécifiquement de disperser les familles. Ainsi elle deviennent plus vulnérables.

La famille du squat des Glières ayant été séparée sur cinq lieux – quatre hôtels l’un à Chasseneuil du Poitou, l’autre à Fontaine le Comte, l’autre encore à la gare et le dernier à Beaulieu -, et un appartement aux 3 Cités, n’échappe pas à ces manœuvres malveillantes de la préfecture. Les deux familles qui logeaient dans les hôtels les plus éloignés, sans voiture ou avec une voiture souvent en panne et ayant leur enfants scolarisés à Bel Air, ont renoncé à aller tous les soirs à leur hôtel. La préfecture leur a collé un « refus d’hébergement » tout aussi absurde que de payer 10 000€ par mois pour les hôtels aux quatre coin de l’agglomération alors qu’une maison coûterait bien moins cher !

Si dix personnes, dont une femme enceinte de 8 mois (et vingt enfants), ont eu des récépissés, quatre de trois mois et quatre de six mois – chose assez curieuse pour les 6 roumains puisqu’ils sont européens -, sept roumains ont eu des OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) qui vont les bloquer durant de longs mois en les empêchant en particulier de travailler et donc de s’intégrer. De plus la préfecture et sa police s’acharne sur eux : contrôles incessants et convocations au commissariat et au TGI (Tribunal de Grande Instance) à répétition. La préfecture continue scélératement de monter le dossier à charge afin de montrer que ces personnes ne sont pas intégrables donc régularisables et de justifier les OQTF.

Une mère qui ne conduit pas avec sa fille de 14 ans scolarisée au collège sur Poitiers s’est vue attribuer un logement social à Couhé-Veyrac soit à 35 km de Poitiers. Il paraît que Logiparc n’avait pas de logement disponible plus proche…

Sans compter la dizaine de personnes qui n’a pas bénéficié de la prise en charge, oubliées par la préfecture qui fait preuve d’amateurisme et de laxisme dans cette affaire et et par des services sociaux incompétents voire invisibles.

Il est clair que tous ceux qui ont été pris en charge, sont aujourd’hui dans une situation bien meilleure que celle qu’ils avaient l’année dernière. Mais il faut constater que leur situation est aujourd’hui bien pire que lorsqu’ils vivaient dans les squats. Alors de deux choses l’une, soit la préfecture fait n’importe quoi, soit elle reprend malignement d’une main ce qu’elle a donné de l’autre. Le harcèlement, les intimidations, les droits fondamentaux bafoués… la politique de la préfecture n’a pas changé et est donc claire : mettre les gens dans des situations d’injonctions paradoxales afin de les pousser à partir d’eux mêmes de Poitiers et de dissuader de venir ici ceux qui pourraient avoir envie de le faire.

De deux choses l’une : soit la préfecture respecte scrupuleusement les lois et accueille dignement toutes ces personnes, soit des squats vont continuer à fleurir dans le département de la Vienne.

Nous exigeons que toutes ces personnes et bien-sûr tous ceux qui le nécessitent, soient pris en charge effectivement par la préfecture comme cela est prescrit par la loi : le gîte et l’hygiène bien sûr mais aussi le couvert et un accompagnement social digne de ce nom.

Nous exigeons que les personnes hébergées en hôtel soient très rapidement orientées vers des logements. N’oublions pas que la préfecture et le conseil général ont signé le Plan départemental pour le logement des personnes défavorisées qui préconise comme principe de base « le logement d’abord ».VOIR

Nous exigeons que le harcèlement policier et administratif cesse : annulation des OQTF, titres de séjour de 6 mois pour tous, plus de contrôles incessants et de convocations à répétition au commissariat et annulations des assignations au TGI.

Les habitants des squats appellent à la solidarité. Faites un don pour les aider. Les habitants des squats ont toujours besoin de nourriture, de vêtements, de couvertures, d’ustensiles de cuisine, de meubles… Les habitants du squat l’Etape sont aussi à la recherche de lieux, genre garages, pour stocker leurs meubles suite à l’expulsion et ce avant le 7 janvier.

Chèques à l’ordre du DAL86 a envoyer à DAL86, Maison de la Solidarité, 22 rue du pigeon blanc 86000 POITIERS en précisant au dos « Squat l’Etape ».

DAL86dal86@free.fr – 06 52 93 54 44 / 05 49 88 94 56
Permanences : tous les samedis matin de 11h à 12h Maison de la Solidarité 22 rue du Pigeon Blanc Poitiers

 

 

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