Respect des lois. Halte aux intimidations et au flicage dans les centres d’hébergement

Droit Au Logement Vienne (86)

Droit Au Logement Vienne (86)

Le DAL86 est plutôt satisfait de la tournure des derniers événements. En effet après les déclarations biaisées voire mensongères de la municipalité et du président de l’ESP (Entraide Sociale Poitevine) et leurs attaques du DAL86 dans la presse, après la prise de rendez-vous jeudi avec le président de l’ESP, rendez-vous auquel, puisque nous n’avons rien à cacher et surtout besoin de dire certaines choses, nous avions invité Michel Berthier adjoint municipal à la cohésion sociale et la presse, la municipalité et l’ESP ont fait un communiqué dans lequel la première décline l’invitation et la seconde revient sur le rendez-vous accordé. Tout cela, bien sûr et comme à l’accoutumée, sans prévenir directement le DAL86, principal intéressé.

Ce n’est donc que lundi à 11h30 lors de notre rendez-vous, sans la presse et sans Michel Berthier, que le président et le directeur de l’ESP nous ont averti qu’ils refusaient de nous rencontrer. Prenant le prétexte d’une intrusion « agressive » jeudi dans le lieu privé qu’est le Foyer Carrefour – intrusion qui est pour nous aussi imaginaire que l’investissement de la mairie mardi 3 avril et en tous cas beaucoup moins violente que de raconter des salades en collaboration avec la municipalité pour contrer les prises de position du DAL86 -, les responsables de l’ESP ont cherché à se dérober à leur obligations et surtout à nos questions. Après une discussion d’une demie heure (quand même!), ils nous ont proposé une autre réunion, celle-ci sans Michel Berthier et surtout sans la presse, lundi prochain à 16h15 durant 3 petits quarts d’heures et cherchant à nous limiter en nombre, afin d’avoir, disent-ils, des relations « normales » entre associations.

Pour qui prennent-ils donc le DAL86 ? Ce dernier refuse catégoriquement d’avoir des relations « normales » avec des gens, préfecture, mairie, associations de complaisance, flics et socio-flics…, qui, non seulement vivent du malheur des autres, mais mentent, éludent les problèmes, travestissent la réalité, méprisent de cette façon ceux dont ils sont censés s’occuper, les fliquent, les humilient, contrôlent leurs vies, les répriment, les expulsent de leurs logements, et violent allègrement les lois.

Le DAL86 est plutôt satisfait car, malgré le peu d’entrain manifesté par ces chefs et petits chefs pour répondre à ses questions, il obtient progressivement des réponses. Plusieurs sont actées :

1) la municipalité est hors de son domaine de compétence lorsqu’elle nous répond concernant l‘hébergement puisque c’est de la compétence de l’État. Article L345-2 Code de l’action sociale et des familles « Dans chaque département est mis en place, sous l’autorité du représentant de l’État, un dispositif de veille sociale chargé d’accueillir les personnes sans abri ou en détresse, de procéder à une première évaluation de leur situation médicale, psychique et sociale et de les orienter vers les structures ou services qu’appelle leur état. »

Question subsidiaire : pourquoi la municipalité (PS, EELV, Front de Gauche) a-t-elle pris ce gros risque politique de couvrir la politique délétère de l’Etat UMP (représenté ici par la préfecture) concernant l’hébergement et le logement y compris en faisant expulser brutalement plusieurs fois le campement place du marché et en laissant la police harceler depuis les personnes qui avaient osé relever la tête et exiger le respect de leurs droits ? Une question qui se posera selon nous même après les élections.

Remarque : nous pouvons faire le lien ici avec ce les analyses de Démocratie réelle maintenant – Poitiers concernant la purification sociale du centre ville de Poitiers
http://www.democratiereelle86.fr/2011/12/halte-a-la-purification-sociale-du-centre-ville-de-poitiers/

2) le président de l’Entraide Sociale Poitevine, à part chercher à embrouiller les lecteurs de Centre presse, n’a aucune légitimité pour parler de logement social. (même s’il serait à ce qu’il nous a dit administrateur d’un bailleur social…) L’ESP gère des CHRS (Centres d’Hébergement et de Réinsertion Sociale) ce qui est de la compétence de l’Etat. Le logement social est de la compétence des bailleurs sociaux et c’est, par exemple, Jean-François Macaire, président des deux plus gros bailleurs sociaux de Poitiers, Logiparc et Sipéa, qui serait légitime pour en parler.

3) le président de l’Entraide Sociale Poitevine est beaucoup moins bavard sur l’hébergement, ce n’est pas vraiment étonnant et c’est le troisième point qui est acté : contrairement aux déclarations du maire de Poitiers sur France 3 suite à l’expulsion brutale et sans préavis du campement de sans logis et mal logés devant Notre Dame « ce matin restaient des sans-domicile fixe, la police les a délogés de cet emplacement, voilà. Je crois que c’était normal, il n’y a pas de manque de logement pour ces personnes à Poitiers » (http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=DInUCsTmQZw)

il y a de réels problèmes d’hébergement sur Poitiers. Au cours de nos différentes « actions » nous avons pu collecter les précieux renseignements que les autorités et leurs sbires refusent à nous donner. Le 115 est complet tous les soirs et refuse jusqu’à 15 personnes. Les CHRS sont complets et ont une liste d’attente (8 jours d’attente pour accéder au foyer Carrefour). Carol, l’éducatrice de rue officielle de la mairie, estime qu’il y a dix personnes vivant dans la rue en ce moment à Poitiers.

4) Il y a beaucoup plus de personnes qui ont des problèmes d’hébergement à Poitiers que les autorités veulent bien le reconnaître. Car le fait que le 115 soit complet et qu’il y ait une liste d’attente pour les CHRS, à quoi nous pouvons rajouter le fait que, ni au 115 ni dans les CHRS, les chiens ne soient admis dans les chambres ou avec leurs maîtres et que l’accompagnement social soit utilisé à des fins de contrôle social, tout cela a un effet dissuasif sur ceux qui pourraient en bénéficier. Ils n’appellent plus, ne font plus les démarches ou partent sous d’autres cieux. Cette pénurie artificielle en matière d’hébergement et de logement constitue aussi de fait un moyen de pression contre les mal-logés et sans-logis et renforce le pouvoir arbitraire exercé contre eux. En bref, c’est :  « Si vous êtes pas contents, il y en a d’autres à la rue pour prendre vos places ! ». C’est inadmissible et cela bafoue les droits des sans-logis et mal-logés. »

5) l’hébergement est nécessaire mais pas suffisant. Vu le nombre de logements vacants (plus de 4000 et ce en 2008…) et la possibilité légale qu’a le maire de demander au préfet de réquisitionner, le but est clairement pour nous que chacun ait un vrai toit, c’est-à-dire un LOGEMENT et non pas seulement un HEBERGEMENT. C’est d’ailleurs inscrit dans la loi : Code de l’action sociale et des familles – Article L345-1 « Bénéficient, sur leur demande, de l’aide sociale pour être accueillies dans des centres d’hébergement et de réinsertion sociale publics ou privés les personnes et les familles qui connaissent de graves difficultés, notamment économiques, familiales, de logement, de santé ou d’insertion, en vue de les aider à accéder ou à recouvrer leur autonomie personnelle et sociale. » Donc l’hébergement est seulement un moyen en vue d’une fin : l’émancipation et le logement y participe.

 

Le DAL86 exige donc :

 

1) l’application stricte de l’article L345-2-2 du Code de l’action sociale et des familles : « Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence. »

Que les autorités arrêtent d’utiliser l’engorgement des dispositifs d’hébergement d’urgence, les chiens, l’accompagnement social, le flicage et le contrôle des vies comme moyens de dissuasion.

 

Particulièrement concernant l’accompagnement social, que là aussi la loi soit strictement appliquée : Article L345-2-3 Code de l’action sociale et des familles « Toute personne accueillie dans une structure d’hébergement d’urgence doit pouvoir y bénéficier d’un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu’elle le souhaite. » C’est à dire que l’accompagnement social soit un DROIT et non pas un DEVOIR et donc qu’il soit proposé à la demande et selon les besoins des personnes et non pas imposé systématiquement.

 

2) l’application stricte de l’article L345-1 du Code de l’action sociale et des familles : « Bénéficient, sur leur demande, de l’aide sociale pour être accueillies dans des centres d’hébergement et de réinsertion sociale publics ou privés les personnes et les familles qui connaissent de graves difficultés, notamment économiques, familiales, de logement, de santé ou d’insertion, en vue de les aider à accéder ou à recouvrer leur autonomie personnelle et sociale.. » C’est à dire que l’objectif soit le LOGEMENT et non l’HEBERGEMENT.

Ceci en appliquant la Loi de réquisition des logements vacants : Article L641-1 (code de la construction) : « Sur proposition du service municipal du logement et après avis du maire, le représentant de l’Etat dans le département peut procéder, par voie de réquisition, pour une durée maximum d’un an renouvelable, à la prise de possession partielle ou totale des locaux à usage d’habitation vacants, inoccupés ou insuffisamment occupés, en vue de les attribuer aux personnes mentionnées à l’article L. 641-2.

 

DAL86 www.dal86.fr / dal86@free.fr / 05 49 88 94 56

– permanences tous les samedis matins de 11h à midi à la Maison de la solidarité, 22 rue du Pigeon Blanc

– page Facebook http://www.facebook.com/groups/121586687964217/

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